Pouvoir d'achat ?

Pouvoir d'achat ?
Je voudrais vous faire part d'une expérience fort intéressante datant de vendredi et qui ne peut que nous faire se poser quelques questions sur la société libérale post soixantehuitarde...
Il m'arrive en troisième de faire de l'éducation civique (pas seulement celle obligatoire et immangeable au programme -O joie de disserter longuement sur les nouveaux défis de l'armée française- mais par exemple, je leur demande comment ils organisent (gros mot) leur semaine entre loisirs (l'essentiel) et leur travail (le négligeable). Et Pris d'un vertige, je leur posai innocemment trois questions :
1. Combien de postes de télévisions avez vous :
Réponse : sur une classe de 25 élèves tous ont au moins trois téléviseurs. Cinq en possèdent 8 (où diable les mettent-ils? dans les toilettes ? "Ah mais monsieur y en a deux dans la cuisine parce que quand ils font à manger, papa et maman regarde pas les mêmes programmes!!" - les plus optimistes se diront qu'au moins l'enfant n'as pas ses parents divorcés et que le papa fait aussi la cuisine....-
2. Combien de portables (téléphones) avez vous dans la famille : les 25 élèves possèdent au moins 4 portables. Cinq d'entre eux en ont huit.
3. Combien d'ordinateurs avez vous à la maison ? tout le monde en a un et la moitié en a 3. Quatre élèves en ont 9.

Problème de niveau de vie dit on? de pouvoir d'achat ? Et l'on me dit après qu'il n'y a pas assez d'argent pour acheter l'essentiel ? Et je vous fait grâce du nombre de PSP et autres jeux électroniques que nos bambins possèdent.
Dernière chose : J'ai accompagné comme tous les deux ans des élèves de sixième et de cinquième en Grèce. Pour la première fois et ce malgré notre interdiction, la moitié avaient emmené avec eux leur console portable. "Regardez chers enfants la mer des oliviers qui s'étale majestueusement devant vos yeux ébaubis ".. " ta gueule, je vais pas passer au troisième niveau avec tes conneries" (dialogue fake bien sûr, mais peut être juste anticipé...)

# Posté le lundi 24 mars 2008 07:11

vive la Réforme!

vive la Réforme!
Bonsoir à tous! Gued, prof d'histoire géo en collège, en révolte hallucinatoire continuelle lol..
Et hop chaque journée apporte son petit lot de cyanure homéopathique. Ici c'est maître Rocard sur un rapport perché qui tient dans son bec la notation des profs et le paiement au mérite (qui c'est qui va nous noter? les gamins? les parents? -me vois très bien aller les voir dans leur bureaux ou sur leur chantier et noter leur travail en les suivant toute la journée! "comment? vous n'avez lu que 215 pages de dossiers ? 5/20!" Quoi? vous avez passé trois heures à creuser un misérable trou avec votre énorme grue? 4/ 20"! Non mais!
On est dans le royaume de Tartuffe et du général Boulanger! Remarquez moi j'ai trouvé hein ! vais proposer à mes bambins des QCM dont CHAQUE choix sera .... bon! Comme ca, eh eh impeccable! ma rémunération va crever l'plafond!
Là, c'est un prof de techno qui baffe un élève qui l'a traité de sale batard.. Aussi y a-t-il idée de réagir quand on nous insulte! Jésuuuuuus (adoré par notre cheeer Présidentissime le ptit Stroumph) n'a-t-il pas enseigné de tendre la joue gauche? "ohhh ouiiii fais moi mal insuuulte moi encore rhââ c'est booon", les profs où les martyrs des temps moderne!
Chez nous, c'est un adooooorable enfant de 16 ans et deux mois qu'on doit supporter (ben oui parceque son patron ne le prendra pas tout de suite en apprentissage hein), qui dans le meilleur des cas dort en ronflant sur sa table et dans le pire des cas te regarde avec un ½il de tueur Corse (euh j'aime bien les corses hein..). Il a usé tout le monde et provoqué 112 bagarres et même à moitié crevé un ½il d'un camarade qui avait le tort d'être sur son chemin.. Conseil de discipline, et là, exercice remarquable de l'aplatissement éc½urant d'une administration la plus lamentable que j'ai vue depuis longtemps et le héros amnistié pratiquement (enfin si quand même, une semaine d'exclusion, faut bien marquer le coup!). A pleurer de rage.

# Posté le jeudi 31 janvier 2008 15:31

SCOLARIA

SCOLARIA
Il faudrait que je me remette à ce blog. Encore faut il y trouver le temps. Je vais cependant m'y atteler.
Petit article pour faire la promotion de mon association SCOLARIA , qui a fait peau neuve et propose pas mal de voyages pour les années qui viennent.
On peut encore d'inscrire pour le Portugal, pour l'Italie et pour l' Egypte avant le 30 décembre 2007.

Bonnes fêtes à tous.

[cliquez ici pour voir le nouveau site de Scolaria]

www.scolaria.fr
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le vendredi 14 décembre 2007 12:48

Modifié le jeudi 31 janvier 2008 15:43

Assez, il faut se lever et agir, maintenant.

Assez, il faut se lever et agir, maintenant.
" Questions pour un champion." Le Pers pose une question d'histoire : En 1831, un roi de France... Il n'achève pas sa question. Une candidate, professeur des écoles l'interrompt et lance : " Napoléon III ! ".

Je viens de regarder un énième débat sur l'école sur France 5 dans l'émission Ripostes. Face à face, les deux adversaires irréconciliables de la question pédagogique :
Les pédagogistes : Philippe Meirieu (le pape du pédagogisme), Sandrine Mazetier (la représentante des questions de l'école au PS) , et Philippe Watrelot (professeur de Sciences Economiques et Sociales)
Les chevaliers du Savoir : Marc Le Bris (instituteur résistant -Breton, évidemment -), et Alain Finkielkraut (philosophe catastrophiste patenté).

Les premiers règnent en maître sur l'éducation nationale et les IUFM (centres de formation des profs) depuis maintenant trente ans. Leur mot d'ordre : L'épanouissement de l'enfant qui depuis sainte Dolto est une personne qu'il faut révérer. Ne tuons pas le petit Mozart qui sommeille en tout chérubin. Pour ces gens qui, disons le clairement ici, ont massacré l'école et ont laissé un champ de ruine, le savoir qui émane du professeur, le cours magistral et l'autorité sont autant de gros mots quasi fascisants. Ces adorateurs de mai 68 considèrent que le niveau n'a cessé de progresser depuis trente ans, chiffres à l'appui hurlent ils en montrant les résultats du bac, en effet en hausse constante depuis des années. Mais ces Saint Just de la Terreur pédago oublient de préciser que le niveau du dit bac a baissé constamment depuis ces mêmes années et qu'il est exigé (nous dirons demandé fermement) aux correcteurs du bac et du brevet dès la troisième (j'en suis) une immense indulgence. Ainsi, l'orthographe et la syntaxe grammaticale dans l'épreuve français du Brevet ne peut entrer en compte dans la note finale que pour trois points. Ainsi, un élève au brevet d'histoire se livrant à un simple exercice de paraphrase sans aucune connaissance mais restant dans le cadre du sujet peut obtenir un généreux 10/18, soit la moyenne ou plus. Ainsi, une élève (que j'ai connue) ne savant aligner deux mots dans un devoir de terminale a obtenu son bac avec 10/20.
Ainsi donc le bac n'est plus que la vitrine sur laquelle les nez de nos élèves viennent s'écraser de bonheur persuadés que ce sésame leur offrira un emploi.
Ils déchantent vite.
Il ne reste en définitive qu'une catégorie d'élève qui réussit, et qui réussira toujours. Aujourd'hui, ces élèves du primaire au lycée sont environ 25 %. Ce sont ceux qui réussiront un bac S, le seul bac qui ne soit pas bradé et verront ces vitres s'effacer devant eux.
25 %.... Quid des 75 % restant ?
Les autres protagonistes, les chevaliers du savoir, font ce constat amer : jamais le niveau scolaire n'a été aussi bas. Les années 50 n'avait leurs minorités sociales, leurs fils d'ouvriers, leurs fils d'immigrés italiens, espagnols, portugais... la misère sociale sévissait tout autant et l'école offrait ce formidable ascenseur social qui avait permis à un fils de garagiste de devenir ministre puis président du Sénat. On savait lire en sortant du CP, on maitrisait les 4 opérations et l'histoire de France ainsi que sa géographie en sortant de CM2. Je n'ai pour ma part jamais eu le droit d'utiliser une calculatrice avant l'année du Bac. Il est vrai que je suis un miraculé, car j'étais de la génération qui n'a pas vécu la réforme Haby de 1975. Elle m'a suivi d'un an. En 1985, je suis retourné deux ans après mon bac voir mon cher professeur d'anglais qui m'avait laissé tant de bons souvenirs. il avait vieilli de 10 ans et sortait d'une grave dépression avec internement. Il n'avait pas supporté le passage à la génération Haby.
Sur la pression insidieuse des pédagogistes qui partaient du principe que les élèves s'ennuient à l'école et qu'il faut les distraire et non les éduquer, l'école primaire est devenue une école de bien vivre, aux expériences gustatives, sportives et culturelles multiples. Plus question de redoubler son CP si l'alphabet n'et pas maîtrisé, le cher bambin qu'il ne faut pas traumatiser aura toute sa scolarité primaire pour apprendre à lire. Vive les parcours différenciés! Ces criminels, que si il ne tenait qu'à moi, je ferais fusiller séance tenante, ou mieux, que je renverrai devant des classes finir leurs jours, sous le prétexte généreux, naïf et rousseauiste que l'enfant est un génie et qu'il possède intrinsèquement la prescience du savoir (il suffit juste de les aiguillonner vers celui-ci), et qu'il doit donc construire son propre savoir, ces criminels dis-je, ont rendu imbuvable la grammaire, en la "scientifiant " dans un jargon ubuesque pour des enfants. La division est devenue le parcours du combattant pour le sixième (oui en fait on attend désormais la sixième pour l'enseigner aux enfants). En effet, ne possédant pas la technique du calcul mental et de la multiplication (plus de par c½ur, c'est totalement interdit aux primaires, vous n'allez pas les brimer ces pauvres âmes), les malheureux doivent résoudre cette opération en posant une série d'addition, et il faut pratiquement un tableau entier ou une feuille entière pour résoudre cette petite division. Les pédagogistes ou l'art de faire compliqué, enivrés par leurs trouvailles linguistiques lumineuses . En vrac : Les apprenants (l'élève), les géniteurs d'apprenants (les parents), la surface scripturale à usage multiple (le tableau noir), les professeurs de sport ont le droit aussi à leur vocabulaire précieux : référentiel bondissant (la ballon), référentiel bondissant à trajet aléatoire (le ballon de rugby). Molière se régalerait aujourd'hui de nos nouvelles précieuses ridicules des sciences de l'éducation. Sortent des IUFM soit des ignorants heureux (notre professeur des écoles de l'introduction), soit de futurs grands déprimés, soit même les deux.

Et pourtant, ces gens là tiennent encore le haut du pavé, la quasi totalité des Inspecteurs, des chefs d'établissements, des cadres de l'éducation nationale en sont, ils ne laisseront leur place de sitôt. Notre malheureux ministre Darcos , fin et intelligent lettré, navigue en eau trouble et tout son discours reflète un penchant pour les thèses des chevaliers du savoir. Il aura fort à faire.
Certains chantres du pédagogisme ont senti d'ailleurs le vent tourner et parmi eux le plus fameux, Philippe Meirieu qui tient désormais un langage beaucoup plus mesuré sur la question. Mais ses séides continuent son combat de plus belle (Pierre Frackowiak pour ne citer que le plus emblématique et le plus dangereux).

Il faut enfin savoir que l'immense majorité des professeurs ramassent les pots cassés. Nous faisons de notre mieux, pour recoller les morceaux, pour faire du lien social et pour rattraper les dégâts immenses de ces années de destruction. Mais à 11 ans, il est souvent bien tard pour changer les choses et entrer dans le monde merveilleux du savoir, du savoir faire et de la mémoire (dans tous les sens du terme), d'autant qu'en effet le monde a changé comme le caquètent nos précieuses. L'enfant reçoit une masse d'information qu'il ne sait ni ne peut classifier, ordonner et maitriser faute de méthode, de logique et de temps. Le monde d'aujourd'hui est un monde du zapping. Les enfants ne peuvent se concentrer plus de 3 minutes sur un thème, ils reçoivent sans cesse de nouveaux stimuli. Génération de consommateurs, toujours frustrés de ce qu'ils ne peuvent encore acquérir, jamais satisfait de cadeaux toujours plus onéreux, enfants perdus d'une mondialisation qui nous dépasse tous. Est ce une raison pour les laisser tomber? Pour les laisser au bord du chemin ?
Il faut une nouvelle école, une refondation du savoir. Et qu'on fasse taire enfin ces Docteur Follamour de l'ignorance et du néant.
Le montagnard sexagénaire, dans sa cabane alpine, entouré de ses moutons, en voyant Questions pour un champion, lui, aura eu cette réaction : « 1831 ? Napoléon III, mais non, ca c'était Louis Philippe, Le Badinguet, lui on s'en souvient, l'empire, c'est la paix ! Tu parles, le désastre du Mexique, et Sedan ! » Il se souvenait encore ce que l'école de Jules Ferry lui avait appris. Malheureusement il n'a jamais pu s'épanouir dans les joyeuses sciences de l'éducation....






# Posté le dimanche 21 octobre 2007 14:09

Modifié le dimanche 21 octobre 2007 14:23

Deux jours, la suite

Deux jours, la suite
Deuxième jour, lundi : quatre films seulement (si peu n'est-ce pas !)
J'ai un peu mieux équilibré mon ingestion d'image. Deux pépites et deux navets rigolos !
- Transformers tout d'abord : Je ne connaissais absolument pas ce manga japonais des années 80 (j'étais pas vraiment branché japonais, ni Albator, ni rien à part Ulysse 31 que je regardais avidement en apprenant mon latin). Le film est à pleurer quant à son scénario mais on passe un bon moment (long quand même, 2h10) grâce à des effets spéciaux bluffant. Ceci dit, aussi vu, aussitôt oublié.
- Et maintenant un des films les plus émouvants et les plus poignants que j'ai pu voir dans ma vie, « la vie des autres », que je mets dans la même lignée que « Good bye Lenin ». Un inspecteur de la Stasi, parfait instrument de la répression du pouvoir totalitaire, qui abandonne peu à peu toutes ses certitudes en assurant la surveillance d'un intellectuel berlinois (auteur de pièces à succès) et de sa compagne, une actrice sensuelle formidable d'ambigüité. On ressort de ce film bouleversé, haché. Une des meilleures illustrations de la dictature qui s'effondre face au pouvoir de la pensée, comme le mur qui s'effondre sous le souffle de la liberté.
- On en arrive maintenant au fameux « film surprise », une tradition répétée 6 fois en 20 ans environ. Un film est programmé dont on ignore tout. On achète le billet, au feeling. On est rarement déçu. C'est le plus souvent un film qui doit sortir plusieurs semaines voire plusieurs mois plus tard. J'ai déjà assisté à deux films surprises, il s'agissait du Truman Show et des Invasions Barbares. Deux choix magistraux.. Là encore je n'ai pas été déçu ; il s'agissait d' « un Secret », de Claude Miller, avec Patrick Bruel, Cécile de France et Ludivine Sagnier (deux de mes actrices préférées). Un film relatant un terrible secret de famille que découvre un adolescent légèrement autiste. Le cadre est désormais classique au cinéma, la déportation des Juifs français pendant l'occupation, mais le traitement ici est tout en nuance, un puzzle qui se met progressivement en place, révélant l'écart effroyable entre les fantasmes d'un enfant sur l'origine de sa famille et la réalité cruelle du désir humain. Un film magnifique.
- Enfin je termine par une vieille connaissance.... Mon Bruce willissinou adoré (celui là je l'aime depuis la série Clair de Lune que seuls les experts de mon âge doivent connaître) dans Die Hard 4. Quel spectacle ! si on aime le genre, on n'est pas déçu. C'est pas le film du siècle mais après deux moments du pure émotion dans ma journée, c'était le film idéal pour se détendre et finir la journée en beauté. Les Américains ont trouvé leur nouveau Vietnam ! c'est le syndrome post 11 septembre. La plupart des films d'action US sont obnubilés par le terrorisme (voir le succès de 24h chrono). Quoiqu'il en soit, quel plaisir de retrouver l'inspecteur Mc Clane !

# Posté le mardi 28 août 2007 07:03